Agrégation vs Load Balancing : différences, limites et performances
Agrégation ou load balancing ? Ne confondez plus ! Comparatif technique : débit cumulé, stabilité VPN et usages pro. L’analyse de l’expert réseau.
Pourquoi le load balancing est souvent mal compris (et décevant)
Le load balancing (répartition de charge) est souvent vendu comme une solution miracle, mais il se contente de diriger les flux vers différentes lignes. Imaginez une autoroute à deux voies où les voitures ne peuvent pas changer de file : si un camion (un gros téléchargement) bloque la voie A, la voie B reste fluide, mais le camion n’ira pas plus vite.
Conséquences directes :
- Débit bridé : Un téléchargement unique est limité à la vitesse de la ligne la plus rapide.
- Sessions fragmentées : Inefficace pour les flux qui exigent une IP stable (VPN, VoIP).
- Saturation asymétrique : Une ligne peut être surchargée pendant que l’autre est inactive.
La puissance de l’agrégation : la fusion au niveau paquet
Contrairement au load balancing, l’agrégation de lignes Internet travaille à la couche 3 (réseau) via des protocoles comme le MLVPN ou le MTP. Elle découpe chaque flux de données en petits paquets, les envoie simultanément sur tous les liens, et les réassemble côté serveur.
Les avantages de l’agrégation réelle :
- Le « Vrai » débit cumulé : 10 Mbps (ADSL) + 40 Mbps (4G) = 50 Mbps exploitables sur un seul fichier.
- Re-ordering intelligent : Le système corrige le désordre des paquets dû aux différences de latence entre les lignes.
- Résilience invisible : Si une ligne tombe, les paquets basculent sur les autres sans interrompre la session TCP.
Cas concrets : là où le load balancing échoue
- Télétravail via VPN : Le load balancing provoque des déconnexions dès que le routeur change de ligne (changement d’IP).
- Visioconférences (Teams/Zoom) : Micro-coupures et gel d’image lors de la répartition des flux.
- Sauvegardes Cloud (NAS/SaaS) : Impossible d’accélérer l’envoi de gros fichiers. 👉 Verdict : Pour un usage professionnel exigeant, l’agrégation est la seule solution viable.
Failover vs Agrégation : continuité ou simple secours ?
Failover vs agrégation Internet : coupure ou continuité réelle ? Comprendre les risques de coupure, de changement d’IP et l’impact sur votre VPN et le télétravail.
Les limites structurelles du failover (Mode Secours)
Le failover est une solution réactive. Le système attend de constater la coupure de la ligne principale pour basculer sur la ligne de secours.
Cette transition est « destructrice » :
- Délai de bascule : Entre 5 et 30 secondes de vide total.
- Changement d’identité : Votre adresse IP publique change instantanément.
- Crash des sessions : Vos connexions SSH, VPN et appels VoIP sont immédiatement coupés.
Pourquoi l’agrégation assure une continuité « Zéro Coupure »
Dans une architecture agrégée, toutes les lignes sont actives en permanence au sein d’un tunnel IP unique.
- Transparence totale : Si la fibre coupe, le tunnel reste ouvert sur la 4G.
- IP Statique : L’adresse IP vue par Internet reste celle du serveur d’agrégation.
- Zéro interruption : Votre session VPN ne s’aperçoit même pas de l’incident, seule la bande passante disponible diminue légèrement.
FAQ – Expert Réseau
Le load balancing additionne-t-il les débits ? Non. Il permet seulement d’utiliser plusieurs lignes pour des tâches différentes (ex: Netflix sur la ligne 1 et Web sur la ligne 2). Seule l’agrégation cumule la vitesse pour une tâche unique.
Pourquoi mon VPN coupe-t-il avec un routeur DUAL-WAN ? Les routeurs Dual-WAN utilisent souvent le load balancing ou le failover. Dès que votre flux bascule d’une ligne à l’autre, votre IP change. Le serveur VPN distant considère cela comme une faille de sécurité et ferme la connexion.
L’agrégation remplace-t-elle le failover ? Elle le sublime. L’agrégation offre les bénéfices du failover (sécurité) sans ses défauts (coupure de session), tout en ajoutant la performance du débit cumulé.